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PachamericaCinq mois de liberté, de vagabondage hors des sentiers battus, une césure pour parcourir le Pérou et la Bolivie à la rencontre des peuples, leur culture et leur quotidien BlogCatégoriesDerniers billetsLiensPagesCompteursFils RSS |
La Paz... et la Bolivie !Par Pachamerica :: 29/12/2008 à 21:06 :: d_Bolivia
La Paz après trois semaines dans la Selva, c'est froid ! Mais en descendant de l'avion (oups...), c'est bon à respirer, et c'est à plein poumon que je m'ennivre de cette fraicheur... Depuis l'alti-plano à 4000m, je descends en combi jusqu'au centre ville à 3600m, où il pleut par intermittence, ca grouille de gens et la circulation est quelques peu... chargée ! Je déambule dans les rues afin de trouver un hotel, avec mon sac les montées et les descentes me paraissent interminables, et avec ma grande rame je ne peux pas passer partout, je me baisse au passage de chaque abri plastique des commerçants de la rue, j'en fais rire quelqu'uns... puis décide de m'arrêter dans un cybercafé pour essayer de trouver des adresses sur le net. Un touriste me donne un plan de la ville et m'indique la zone où il y a pas mal d'hotels. Je m'y dirige, rencontre un argentin qui m'indique la rue, et finirai pas atterrir au Jimenez, 25 bolos la nuit avec cuisine et cour interieur...
Premières rencontres...
Je passerai mon après-midi à marcher et me perdre dans cette capitale. Tout est montée, tout est descente, La Paz est construite au milieu des montagnes, et vue d'en haut, les constructions ressemblent à un verre de lait s'écrasant sur les parois d'un saladier, épousant chaque relief avec douceur. Je me remplis la panse de petites nouveautés, beignets, nougat, cacahuètes enrobées de chocolat, pur jus d'orange... Puis rentre à l'hotel pensant à une grosse nuit. Mais il ne suffit que de quelques minutes pour entendre :
<< - Es la hora de... tomar ! (C'est l'heure de... "boire" !) avec un accent pas trop d'ici. - Ah cool toi aussi ! Putain je voulais dire c'est l'heure de l'apéro mais j'ai pas réussi...
Au cours de la soirée, arrivent trois acrobats jongleurs, colombiens et péruviens, puis un brésilien, un suisse et un argentin. Oukoulele, harmonica, poubelle, pour une soirée de rencontres, inter coupée d'histoires et de jonglage. Petit temps d'acceptation tout de même nécessaire suite à ma déclaration d'étudier l'ingénierie urbaine. C'est vrai que dans le milieu de la rue aux tendances anarchistes, se présenter ainsi résonne comme dictateur de l'ordre, de l'organisation de la rue et de l'expulsion. Ce qui n'est pas si faux, se sont bien des lois urbaines qui les jettent chaque fois plus loin du centre-ville, et la répression policière bien dictée par des politiques urbaines d'aseptisation. Mais cette fois ce fût plus fort que d'habitude, je me suis fait véritablement lincher pendant quelques minutes, heureusement j'ai réussi à attirer l'attention du péruvien à côté de moi, qui me laisse la parole sur ce que je fais ici et ce que je cherche à faire de ma vie, ce dialogue s'insérera petit à petit au milieu du groupe et taira ces réactions impulsives... L'orage est passé, la soirée se termine super bien, le groupe est intéressant, on ne s'arerête pas à une petite erreur de parcours.
Le marché dans les rues de la Paz
Ce matin après 4 petites heures de sommeil, mon réveil sonne et je pars errer dans les rues de la Paz. Il est 6h, le marché s'organise. Je me laisse alors guider par les rues investies par les commerçants. C'est un marché de fruits et légumes qui prend forme sous mes yeux, une "mamita" fait des petites montagnes de tomates sur un lit d'herbe verte, un porteur descend la rue en courant avec un sac qui doit approcher la centaine de kilos, d'autres partagent quelques rires... Je m'arrêterai à la carriole d'une mamie qui vend des petits déjeuners : un thé et deux petits pains. J'observe la vendeuse de poivrons à côté de moi, elle prépare son étale. Elle sort ses légumes d'un grand sac, fait d'herbe fraiche maintenue par un maillage de corde, puis des petites caisses en bois remplies de tomates lui sont livrées. Une fois de plus les tomates sont emballées dans cette herbe de pâture, celle-ci sera utilisée pour embellir son étale et soigner sa présentation.
Je continue mon chemin toujours dans le sens de la montée, tranquillement, les yeux ouverts sur ce qui se passe. La ville étant constamment en pente, la logistique des marchandises s'est adaptée. Au point le plus haut, les camions font la livraison à des vendeurs installés près de l'accés, les légumes arrivent en sac ou en caisse, ou bien en vrac. Un camion avec la benne ouverte est rempli de carottes en vrac, deux gars remplissent des sacs de 80kg aux vendeurs venant jusqu'à eux. Ceux-ci, placés en haut de la rue, possèdent des quantités bien plus grandes sur leurs étalages, ils jouent en quelques sortes le rôle de "grossiste", et ils venderont leurs marchandises à des commerçants situés plus bas. L'acheminement du camion au "grossiste" ou bien de ce dernier à l'ultime vendeur, est réalisé par le porteur, véritable bêtes de trait (excusez moi, mais c'est loin d'être un travail humain à mes yeux) qui chargent des sacs de 80 à 100 kilos de patates, carottes et autres... Ces hommes avancent en trottinant à petits pas, courbés, enlacés de corde, parfois jusqu'entre ses dents, et va livrer la marchandise en se frayant un chemin parmi les étalages, les passants à l'arrêt et autres cargaisons déposées au milieu du chemin.
Je descendrai ensuite des rues qui me sont inconnues, perdu pour perdu je m'engage dans chaque petite ruelle que je croise, n'y trouve pas un trésor, mais une quiétude et un film "la sortie matinale des habitants", le papi qui galère à sortir sa cariolle ambulante de jus de fruits ou la collégiènne les cheveux trempés qui sort en courant... Enfin j'attérris sur une rue plus grande, remplie de combis, bruyante, presque irréspirable, le charme n'est plus, la lutte de mon corps sur la pollution urbaine prend le dessus. Je finirai par écouter de la musique afin de m'isoler un peu, et retrouverai le boulevard principal pour rentrer à l'auberge... Après 2-3 jours de calme au Jimenez, arrivent de nouveaux voyageurs. Ils sont là pour visiter la Paz, alors on ira à la Valle de la Luna, où les formations géologiques sont magnifiques, le retour se fera dans la caisse d'une camionette, la tête dans le vent, en remontant une gorge jusqu'au centre de la Paz. Le gars du Venezuela est un ancien cireur de chaussures, dès 8 ans il arpentait les rues et partait "jouer" avec ses potes à gagner le plus de pièces possible... J'ai eu le droit à un autre point de vue du travail de cireur, ce gars fait bien la différence entre des gamins qui vont dans la rue de leur propre initiative même si c'est pour aider la famille (ils sont nombreux selon lui), et ceux qui sont envoyés par leur parents... Les premiers prennent cela pour un jeu, ils se retrouvent entre gamins et commencent à découvrir le monde de la rue et ses possibilités. Aujourd'hui il a 27 ans, il est artisan, il est sérieux dans ses affaires et se prend des vacances sur la route, comme la Paz, où il ne vendra rien mais profitera du bon groupe formé à l'hotel pour visiter et passer des bons moments. Deux jongleurs limeños agrandiront le groupe, ils sont issus d'une école de cirque et voyagent de temps en temps en vivant de leurs présentations ! Bref les rencontres sont super riches et tout le monde se félicite du bon groupe, dynamique et divertissant.
Un soir en rentrant à mon hotel pour se cuisiner un truc, j'aperçois deux petites têtes pas inconnues assises dans le patio du Jimenez, Julien et Simon ! Ce sont les deux français du début. Après 10 jours à la limite de la jungle, ces deux aventuriers sont de retour, une bouteille de vin à la main. Ils sont un peu abrutis de bonheur, ils ont passé une semaine exrtaordinaire au milieu de rien à la "casa reggae" rencontrée par hasard. Un artisan sédentarisé fait petite auberge, tranquillité, musique reggae, bétail et artisanat ! Il commence à enseigner son savoir à Julien, qui n'attendait que cela ! Plusieurs jours passeront en leur compagnie, il faut dire que les soirées s'enchainent au Jimenez, un nouveau musicien chaque soir : l'americain et son Bob Dylan, le chilien et ses chansonnettes de la Selva Brésilienne, un autre chilien et ses balades, Julien et ses improvisations reggae et j'en oublie plein ! Simon reste à la guitare et n'a pas besoin de chants, un Django Reihnart suffit ! Nous passerons Noel ensemble, et je partirai vite le lendemain pour Uyuni.
Les retrouvailles auront durer 1 jour et une nuit... en bus ! Je descends à mi-chemin de Salta dans un petit village trop mignon selon Cecile... Et bien Merci ma fille ! Il est trop bien ce village, en arrivant au camping, je rencontre deux argentins, on va acheter du vin et on s'installe devant les courses de chevaux, c'est la fête locale ! La première avant une série qui dure tout le mois de janvier. Aujourd'hui c'est course de chevaux (genre 100m), rodéo à cheval et musique folklorique. Il fait beau, il y a du vent, les montagnes rocheuses toutes proches... Chouette premier après-midi argentin !
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Mon appareil photo ne s'est pas remis de son petit plongeon dans le fleuve, ces clichés ne sont donc pas les miens... Merci à Gemma, Venezuela et Eve pour ceux-ci...
Voyage en radeau sur le fleuve Madre de Dios... passage de la frontière BoliviennePar Pachamerica :: 06/12/2008 à 1:12 :: c_Peru_Selva
Genèse d'un projet personnel
Un soir d'insomnie, comme il m'arrive quelques fois depuis le début de mon voyage, mon cerveau s'emballe. Ces insomnies sont loin d'être des inquiétudes, ou des soucis, elles reflètent plutôt l'excitation des expériences vécues, la prise de conscience du bonheur que j'ai au fond de moi. Cette fois c'est l'aventure qui m'excite, mon cerveau devient complètement fou face à l'idée qui m'envahit depuis quelques jours. C'était une blague au début : "Pour ton départ on te fera un radeau, tu te casseras en Bolivie et t'arrêteras de nous faire chier !" c'est l'humour un peu brute du charpentier qui cache au fond un grand cœur tendre, mais ça c'est une autre histoire. N'empêche que l'idée reste dans un coin de ma tête. Et au cours d'un voyage où il n'y a pas une difficulté, où tout se passe comme dans le meilleur des mondes, une descente en radeau ne m'inquiète pas plus que ça et je trouve même l'idée carrément kiffante. Cette nuit il doit être deux heures du matin, depuis que je suis couché les idées fusent, un rêve éveillé se dessine petit à petit, je m'imagine déjà. Je finis par prendre mon carnet et noter : "Bajada a Bolivia en balsa". Suivent les motivations, puis un croquis de mon radeau, je réussis enfin à dormir. Chaque jour qui suivent je regarde le fleuve, chaque jour je contemple la nature, seul. L'idée du radeau ne quitte plus mon esprit. Il y a un truc qui se passe, le ressenti d'une force m'encourageant à aller plus loin avec la nature, et si je me laissais porter par elle ? Je commence à en parler autour de moi, je crois que je me rappelle de chaque réaction.
Mais je ne veux pas partir avec quelqu'un, le voyage perdrait tout son sens. C'est seul que je dois le faire, c'est seul que je pourrai assimiler au mieux cette expérience... Et puis je le sens, je suis confiant, je ne sais pas d'où vient cette confiance mais elle est là, bien présente, et me guide. Il n'y a pas de précipitation, je laisse venir les choses, le bon moment pour partir... Je prends note des recommandations, et même si je doute quelque peu aux prémisses du projet, l'inquiétude s'estompe. De toute manière je l'ai déjà trop rêvée pour faire marche arrière, je partirai en Bolivie en radeau !
Construction du radeau
Fête de départ au village Je m'en vais retrouver les artisans de la rue, ce fut un début de soirée de la puta madre. Je m'approche d'un artiste qui a peint le visage d'une enfant sur le sol de la place d'armes. Sa peinture est exceptionnelle, l'expression du visage de cette gamine en dit long, elle semble rêver, mais ses yeux sont à demi-fermés, quelque chose l'empêche de s'évader librement, une vision du désastre de l'homme sur la nature met en péril ses rêves, l'insouciance naturelle de l'enfant ne peut plus opérer, l'enfant ne joue plus, il est inquiet. L'art de la rue n'est pas encore attaquée par l'ordre policier à Puerto Maldonado et c'est une chance. De plus je trouve que cette forme d'art est le summum de ce que peut faire un artiste. C'est une offrande à la rue, à l'espace publique, un cadeau aux passants qui restera plusieurs jours présent, et qui attirera l'attention de ceux habitués à passer ici chaque jour. Car si l'artiste reste ici en attendant une petite contribution des passants, "il ne reviendra pas demain, il n'est pas là pour s'enrichir, ce qu'il récolte en une soirée est le juste prix pour son art, il n'en demandera pas plus". Je retranscris mot pour mot ce qu'il m'a dit, et je dois dire qu'il m'a bleufé.
En fin d'après-midi, Yoni et Berli m'enseignent la géographie du fleuve. J'ai imprimé une carte Google Earth (internet génération :-)), et ils m'indiquent les lieux où je peux rester dormir, me donnent 2-3 recommandations. Fernando me donnera un peu de musique pour mon voyage, de belles chansons sur la nature... Ces musiques accompagneront une grande partie de mon voyage. Il me dit de faire attention, mais je lui explique que je ne jouerai pas avec la nature, à la moindre crue je m'arrête, si je galère je me ferai trainer par des bateaux, bref je pars, mais pas avec le défi qu'il faut que j'arrive tout seul à tout prix !
Premier jour, adaptation
En fin de matinée, je sors d'une courbe et reçois un fort vent de cote qui m'oblige à pagayer constamment pour m'éloigner du bord, mais finalement je me laisse échouer sur une plage où ce sont installés des miniers, des chercheurs d'or ! Je descends et commence à discuter avec un gars qui m'emmène direct voir une machine en marche pour que je vois comment cela fonctionne. Pendant qu'il répare un truc, son compagnon me montre une assiette et comment trouver quelques pépites à l'ancienne... Et bien il est chargé d'or ce fleuve !!! Du premier coup le mec trouve 3-4 micro pépites, c'est génial ! je tenterai, il me manque le coup de main mais l'idée est là, si je suis fauché je sais quoi faire ;-). Je mangerai avec la femme du premier minier, je partage du thon et du pain, elle m'invite pour du riz et une gélatine... et voila j'ai un repas complet !
Je repars, mais le vent souffle toujours, il est pas si fort mais me gêne suffisamment. Je n'arrive pas à rejoindre le milieu du fleuve, je rame en permanence juste pour me maintenir à quelques mètres du bord. Je m'échoue auprès d'autres miniers et leur demande de me tirer avec leur bateau jusqu'au centre, j'attends un peu longtemps qu'ils fassent leurs affaires, puis un bateau me traine jusqu'au centre. Ils me laissent mais je ne serai pas longtemps seul ; les premiers chercheurs d'or avec qui j'ai déjeuné, apparaissent en bateau, "tu veux qu'on te traine ?" Bah je vais pas refuser, j'en ai trop marre de ramer à contre vent ! Il me traine jusqu'à la prochaine courbe, ils me disent qu'ils vont plus loin, mais une fois m'avoir lâché, ils font demi-tour, ils se sont déplacer pour moi, une preuve de plus de la générosité de ces péruviens !
Taricaya, c'est un centre où des bénévoles paient 1000€ par mois pour vivre là et participer à divers projets, on y parle francais et anglais, c'est un peu une ambiance d'expat qui viennent sauver la planète. Ceci dit je rencontre deux filles françaises bien cools qui me feront la visite des lieux et me raconteront les ragots de Taricaya ;-)…
Il sera remboursé ce paysan selon Hernando, mais c'est une ONG qui est passée un peu vite, sans formation suffisante, non adaptée à la culture locale... C'est le cas typique de l'ONG qui croit avoir trouvé UN truc trop bien qui marche partout, alors elle tente d'inonder le plus grand nombre de territoire, c'est encore un raisonnement inévitablement trop simpliste, qui ne prend en compte la complexité et la diversité de l'être humain et de ses organisations sociales. Encore une fois on perd du temps, de l'argent, et la confiance des locaux. Aujourd'hui, les communautés réagissent en demandant "Combien ? Qu'elle est la somme d'argent en jeu ?" Ben ouai il y en a tellement qui ont fait de la merde, alors au moins "s'ils veulent faire de la merde sur mon terrain, je veux ma part !"
Troisième jour, la révélation Ce jour sur le fleuve sera ainsi, pas un bateau rencontré, pas une aide extérieure, seul devant MadreTierra, seul à l'observer, à l'écouter, à la vénérer. Jamais je n'ai senti tant de plénitude, de sérénité, de confiance. Chaque matin je demande à MadreTierra de prendre soin de moi, et ce matin ce sera le jour de l'offrande, de la prière avec elle, de la remercier pour tout, sa force et sa beauté. Je suis parti au début de la saison des pluies, j'admets aujourd'hui que ce n'était pas très sérieux, une crue sur le fleuve n'est pas un jeu, plusieurs m'ont dit que j'étais inconscient. Mais je ne pouvais recevoir ces paroles, de toutes manières chaque pas dans la vie est un risque pris, si on écoute ces paroles on ne fait rien, on ne vit pas, ou pire on vit dans la peur et l'inquiétude. Mais jamais je n'ai ressenti cette crainte, il y avait quelqu'un qui me protégeait, une Terre qui m'accueillait.
Je suis depuis 3 jours sur le fleuve au milieu de
J'arrive au poste de contrôle de la frontière péruvienne. Une fois accosté (bon pas vraiment au bon endroit), je me rends au poste frontière situé un peu plus dans les terres. Mais le parcours est loin d'être évident. Je commence par traverser un petit cours d'eau avec de l'eau jusqu'a la poitrine puis un autre. Mais cette fois il y a des planches pas très fixes, je passe en équilibriste et m'en vais faire signer mon passeport. Les flics n'en sont pas vraiment, on papote, ils me demandent de l'herbe que je n'ai pas, puis me laisse partir… je me rendrai compte qu'ils n'ont même pas tamponné mon passeport. Je retourne à mon radeau pour aller au poste bolivien un peu plus bas. Seulement le passage sur les planches flottantes ne sera pas soldé de réussite, je me retrouve à l'eau avec un petit sac que je n'avais pas pris le soin de refermer dans son sac poubelle (il y a à l'intérieur toutes les choses soi-disant importantes…). Je m'empresse de rejoindre la berge, balance mon sac et retourne à l'eau pour choper mes ojotas (sandalettes). La fin, ben tout est mouillé, appareil photo, argent, cartes, papiers… Mais en fait je m'en fou, ça ne fait rien, je préfère rigoler en regardant ces p…. des planches flottantes et imaginer ma chute qui devait être bien comique.
Je repars sur mon radeau jusqu'au poste de frontière Bolivien. Ambiance militaire, oh que ça fait bizarre ! C'est un peu sec, pas très fun… Puis j'apprends que la route pour << - Mais c'est un projet depuis des années déjà, mais qui n'a jamais abouti ! - Ah ben c cool ça ! et la route elle va où ? - Il n'y a aucune route ici ! Faut aller jusqu'à Chive ! On estime mon trajet à 5-6 heures, il est déjà 13h… - T'as une lampe ? me demande-t-il. Car tu risques d'arriver de nuit… Puis faut pas que tu loupes ce village car après c'est 10-15 jours de navigation jusqu'au prochain village… - …. >> C'est mort je pars pas là-bas, je prendrai jamais ce risque. J'essaie de leur faire comprendre que je ne suis pas chaud pour repartir et esquisse un "je peux dormir chez vous ?" Mais les termes employés sont trop diplomatiques ou bien eux trop réticents. " Mais si tu peux arriver avant la nuit !" "Ok. euh non c'est mort, j'ai de la bouffe, un hamac, je m'installe dehors…" On finit par m'accepter, soulagement. Il est tôt, je fais mes petites affaires, étale mes billets, appareil photos, CD, cartes… au soleil pour qu'ils sèchent, puis fait ma petite lessive dans le fleuve. Il y a un radeau sur la berge, celui d'un espagnol passé là il y a quelques semaines. J'ai failli prendre peur en le voyant, il est 5 fois plus grand que le mien, avec une grande plateforme ou le gars avait mis sa tente… Bref c'est un bout de bois que j'ai à cote de ce monstre ! Mais il me suffit amplement, nos besoins sont infimes, pourquoi toujours plus grand, plus fort, plus confortable ?... Je me fume un petit tabac sur le bord du fleuve, et un des capitaines adjudant ou je ne sais quoi, s'installe près de moi et l'on commence à discuter. Politique, révolution, Evo Morales, ce mec est super fier de son gouvernement ! C'est pas souvent qu'on en rencontre des comme ça. Mais on est en Bolivie, et un président indigène ça aide ! Surtout quand il s'agit de se rapproprier les ressources naturelles, nationaliser les ressources du pays afin d'arrêter le pillage occidental déjà bien institutionnalisé dans ces pays latins. Puis ça divague, on parle de l'homme, la famille, de tout et n'importe quoi, mais à dominante humaine ! C'est un plaisir et ça se passe avec un homme des forces armées. Un repas, un film avec les bidoches, puis un dvd que tous les deux, lui et moi, des Kjarkas, groupe de musique folklorique de Il est l'heure de dormir, on m'indique une pièce, plus glauque je meurs… Vitres cassées, impact de balles sur les murs et merdes de poules au sol… Ceci dit j'ai le droit à un matelas "Ejercito de Bolivia" plutot pas mal… Je me reveille avec les poules, putain elles sont trois dans ma piaule ! Les jeunes sont deja debout, ils rentrent d'un footing d'une heure et sont en train de dejeuner. Je m'incruste, je n'ai que du vieux pain, et un maté serait appréciable pour le faire passer. Bon le maté on oublie, j'ai de l'eau chaude avec 3 grains de riz et deux miettes de lait en poudre… C'est complètement infame, mais mieux que rien…
Quatrième jour, Chive De nouveau sur le fleuve, pour le dernier jour… Le début n'est pas de tout repos, je dois traverser le fleuve jusque de l'autre côté car Chive se situe sur l'autre rive. Deux bonnes heures plus tard me semble-t-il, j'arrive de l'autre cote, je peux me reposer. Je suis désormais à l'intérieur des courbes qui suivent, là ou le courant est faible et la nature plus tranquille, dernier spectacle de MadreTierra. Je cherche cette fois a me maintenir au bord, pour aller moins vite, faire durer le voyage. Tout est lent, tout est doux. Un oiseau jaune et vert, fait quelques pirouettes autour de ma barque comme s'il m'accompagnait. Je ne cesse de lever la tête et de regarder cette flore luxuriante. Arrivée tranquille à Chive, je m'accoste dès que je peux, cela sera une barque de miniers, il n'y a personne. Je vide mon radeau, fais le tri de la bouffe qu'il me reste et laisse le tout sur la barque à laquelle je suis amarré, le radeau il en fera ce qu'il voudra, j'espère qu'il servira à quelqu'un… Je monte le petit chemin et arrive au village, le premier homme rencontré est le propriétaire de la machine, je lui dit ce que j'ai laissé, il n'a pas l'air de comprendre… J'arrive alors sur la place du village, qui n'est autre qu'un terrain de foot. Trois gamines, plus belles que le soleil, jouent, avec un sourire et une tranquillité marquante. Je m'installe à la table d'un restaurant et en attendant que le déjeuner se prépare, je rencontre des ingénieurs miniers qui eux aussi me feront l'éloge d'Evo Morales. Surprenant cette compassion pour un président ! Je dépose mon sac et me rends à la plage du village sur les conseils d'une commerçante. Un kilomètre à pied le long d'un grand chemin, puis j'entends des cris, des voix qui s'expriment. Une petite rivière d'eau extrêmement claire où quelques familles sont là. Les gamins jouent, pendant que maman lave la linge et papa lave son quad ou sa moto. Je me baigne avec eux, l'eau est excellente. Je les intrigue, aborde mon voisin, puis repars, je n'ai pas trop l'humeur à parler, je retourne sur les bords du fleuve, celui qui m'a porté jusqu'ici. Bon le retour se fera à moto, un jeune m'embarque puis me dépose sans un mot, juste un grand sourire ! Je passerai alors la fin de l'après-midi devant le fleuve Madre de Dios. De belles chansons d'Hernando dans les oreilles, j'admire ce fleuve, contemple son mouvement, je remercie MadreTierra pour tout ce voyage, pour avoir pris soin de moi, pour qu'il ne m'aie rien arrivé. Moment fort, tout revient, chaque instant vécu surgit dans mon esprit comme un rayon de soleil, un sourire suit, accompagné de larmes. Putain que c'était bon !!!
Construction bois au milieu de la Selva...Par Pachamerica :: 03/12/2008 à 0:13 :: c_Peru_Selva
Lors de ces deux jours à Corto Maltes en tant que traducteur, j'ai alors l'occasion de découvrir la vie sur ce territoire isolé pour touristes, où vit une équipe très diversifiée. Un matin je ferai la rencontre de Carlos et Calincho, les deux carpinteros (charpentier) du lodge. Carlos est le maestro, toute sa famille est du métier, il construit tout, sans plan, sans dessin préalable, avec une tronçonneuse et un marteau. Le gars est bien cool, et quand je vois ce qu'il a fait je me dis que j'aurai beaucoup à apprendre de lui !
La réponse est positive, et après un WE un peu trop arrosé à la ville avec les guides et les touristes français, j'embarquerai lundi matin sur le peque-peque du personel pour commencer la semaine avec mes deux nouveaux compagnons ! Premiers jours... La construction, elle part de zéro, et cela veut dire qu'il faut commencer par faire des trous dans la terre ! Les maisons sont sur pilotis, les trous d'un mètre de profondeur sont réalisés à la main à l'aide d'un outil manuel (la cabadora : ressemble à une grosse pince). Un peu rude comme taf, mais il y a déjà des trucs bons à noter dans sa manière de composer pour bien aligner les pilotis. Ensuite il faut remettre la terre autour du poteau et tasser avec un bout de bois, un peu comme ils pilent le riz en Afrique... J'ai au moins trois ampoules sur chaque mains, qui percent les unes après les autres c'est horrible ! Mais j'ai adopté le remède local, uriner sur les ampoules pour accélerer la cicatrisation et c'est super efficace...
Le lendemain je les laisserai un peu mochement à faire les trous, je dois passer la frontière du Brésil pour obtenir un nouveau visa et prolonger ainsi mon séjour au Pérou. Qu'il est dur de quitter ce bon pays, 3 mois sont bien de trop courts ! Après 4 heures de voyage en direction de la frontière et un 3ème collectivo, commence une prise de tête avec le nouveau chauffeur, ça sent l'arnaque à plein nez, je descends à la frontière d'entrée au Brésil, et me fait tamponner "Entrée" puis "Sortie" dans la même seconde. Je laisse alors le collectivo avec ces deux passagers relous à la frontière, puis repars dans l'autre sens le pouce levé. Un taxi me prend, mais une fois le pont traversé il se fait arrêté par la douane à moto, il me laisse là et gardera les 5 soles que j'avais payé pour aller jusqu'au prochain bled, alors qu'il ne m'a emmené que 200 mètres... Je prendrai un autre taxi et rentrerai le soir même à Puerto Maldonado, n'ayant rien vu du Brésil ! Je les rejoins le mercredi, pour finir les trous et disposer les pilotis, suivront le solivage du plancher ainsi que les fermes de toît. Pendant deux semaines je participerai quotidiennement au chantier et ce fut un vrai plaisir, qui plus est formateur. Mais le travail ne se passe pas seulement sur le lieu de construction avecv un marteau et une tronconneuse, ici les moyens rudimentaires engendrent des activités qu'on n'oublierait qu'elles existent, du moins pour le laps de temps qui ici est multiplié par l'infini,je veux parler du l'approvisionnement des matériaux. C'est un bâteau qui livre le bois déjà coupé à la bonne sections (à la tronconneuse, alors on ne regarde pas les marges d'erreur...). A ce moment entre 7 et 10 personnes sont mobilisées pendant 2-3 heures pour sortir les bouts de bois et les monter un peu plus haut. Franchement ils ont du bois super dur et donc super lourd, j'ai l'impression que je rétrécis sous leur poids ! Puis ce n'est pas tout, car ce lieu d'entrepos n'est qu'une étape il faut ensuite l'emmener à l'atelier où on le met à tremper dans des sels pour un traitement. Il y a environ 100m à parcourir et on est que deux, Calicho et moi. Enfin il reste un dernier trajet de l'atelier à la construction, de nouveau une centaine de mètres... Tout ca pour dire qu'on en a passé des heures à porter ces p... de bout de bois ! Mais ca fait partie du jeu, après tout c'est une corvée qui une fois passée, te fait apprécier le travail qui suit ;-)
Les journées charpente Pour cadrer l'environnement, il fait environ 35ºC (équivalent à 45ºC en resssenti), le taux d'humidité est de 80-90%, de 10h à 14h le soleil ne semble pas bouger du zenith, enfin il fait bon travailler de 8h à 9h et de 15h à 17h... Le reste du temps lorsque le ciel n'est pas couvert, on croule sous la chaleur. Sans exagérer, il suffit d'enfoncer deux clous pour avoir le dos trempé, les gouttes du visages tombant au sol, c'est toute la surface de la peau qui transpire. Mais je ne suis pas le seul à souffrir de cette chaleur, les locaux ne sont pas des sur-hommes et semblent ne pas s'y être habitués physiologiquement à cette chaleur. C'est pourquoi dans ces pays, on dit qu'il vivent cool, passent leur temps à discuter etc... Mais ici, les pauses sont tout simplement vitales, travailler deux heures sans interruption n'est pas vraiment envisageable. Alors le travail, devient agréable, toutes les heures voire moins c'est le moment d'une pause, jus de citron avec un énorme glacon et les citrons ceuillis à 3 mètres, puis les histoires, les blagues... Carlos aussi appelé Perro Loco (chien fou) est un vrai comédien, il ne peut raconter une histoire en restant assis, il faut qu'il mime, qu'il s'agite... Chaque jour et presqu'à chaque pause on a le droit à une histoire à la Perro Loco. Les conneries de gosse ou de moins gosse, les aventures de la jungle, ajouter un peu de romance et d'éxageration, et le coktail finit plutôt drôle ; en deux semaines il ne m'a presque pas lassé... Carlos est un gars qui aime vivre, et partager de bons moments avec ses collègues, "le travail permet de survivre mais c'est pas ca qui fait vivre". Alors il n'y aura pas de prise de tête sur le boulot et encore moins sur la productivité. Une matinée où Calincho passera quelques heures avec sa dulcinée pour converser, n'engendrera pas une cellule de crise, ni de morale du genre "le temps c'est de l'argent et si je te paie c'est pour travailler"... Non, il arrive des jours où l'humain a besoin de converser et mieux vaut qu'il soit fait sur le champ plutôt que d'être reporté à la fin de la journée. Et c'est ce que comprend parfaitement Carlos sans même demander le motif de cette pause prolongée... Un considération humaine au travail, ca existe encore en occident ? Bref sans abus, la pause et la détente font partie du quotidien, du travail. Il arrive souvent que Bamboocha le barman, ou Tonny le jardinier, passe nous voir pour converser, c'est l'occasion d'une pause et de parler avec d'autres gens... Et si la pause est peu plus longue que d'habitude, la reprise se fait spontanément avec un plus de rapidité, et le travail finit à chaque fois super bien fait, précis, bien aligné... Pas de stress, pas de précipitation, du bon travail dans un environnement super détendu et convivial, une ambiance de travail rêvée non ?
Point économique.
Une fois de plus je prends conscience d'une des plus grandes injustices sociales, celle de la différence de valeurs des monnaies. Il me suffit de 2.5 mois de travail en France pour voyager 5 mois en Amérique Latine (billet d'avion compris). Alors qu'il faudrait plusieurs années à Jimmy pour venir passer quelques mois en Europe, sans parler des complications administratives. Pour ces dernières, effectivement nos gouvernements se permettent de choisir quels "types d'humains" peuvent être utiles à notre économie (l'immigration choisie), pendant que nos entreprises ne se gêneront pas pour s'accaparer des secteurs clés du développement de ces "pays en voie de développement" (au travers de concessions ou non). Ainsi ces derniers ne verront jamais le jour d'un véritable progrès puisque les rênes de leur développement sont aux mains d'occidentaux aux intérêts bien peu orientés vers un développement nationale, allant jusqu'à combattre la souveraineté au nom de la libre concurrence (ben oui, la nation devient une entrave au développement économique d'une entreprise étrangère, surtout dans les secteur public par essence, gestion de l'eau, electricité, transport...). Jusqu'où Babylon continuera de creuser cette division entre les occidentaux dictateurs des règles du commerce internationale (proportion des occidents dans les couloirs de l'OMC), et les éternels soumis condamnés à appliquer les directives des banques et organismes internationaux (BM, FMI...) qui au final n'ont qu'un objectif, les ressources naturelles du sous-sol Sud-Américain à un prix dérisoire, matières premières nécessaires à notre richesse en occident (pétrole, cuivre, or...). Josué de Castro : "Moi, qui aie reçue le prix international de la Paix, je pense que, malheureusement, il n'y a pas d'autre solution que la violence pour l'Amérique Latine" (Las venas abiertas de America Latina, Eduardo Galeno). Mes débuts à Corto MaltesPar Pachamerica :: 16/11/2008 à 0:07 :: c_Peru_Selva
Corto Maltes, c'est une agence de voyage basée à Puerto Maldonado, qui m'a écouté un peu plus que les autres et rapidement orienté vers un tour touristique dans la Selva gratuit, nourri, logé, et en échange je ferai traducteur de français. J'avais jamais pensé à travailler pour les touristes que je n'aime pas trop, mais après tout c'est l'occasion d'essayer. Surtout que la Selva on ne s'y aventure pas si l'on ne connaît pas, puis les petits villages ou communautés sont accessibles seulement en pirogue, ce qui rend difficile la découverte en solitaire. Le lendemain j'irai à l'aéroport avec les guides pour accueillir les touristes... Oui euh, ils voyagent en avion pour faire 200 km, et vu le rang de certain il faut être à la réception des bagages, pour porter " les 70 kg de culottes de Mamie" (citation d'Henri très bien adaptée à la situation). Bref on arrive à 10h30 pour un atterrissage à 12h30, ça va on a le temps, alors on s'étend sur les banquettes du combi, pour papoter ; certains se plaignant d'une forte gueule de bois, d'autres racontant des conneries, bref une équipe de jeunes guides touristique, qui m'ont l'air bien cool. Nous embarquons en peque-peque (pirogue) pour nous rendre au lodge, je fais connaissance des touristes français, des patrons de 5 à 20 employés, clients d'un fournisseur de peinture. Sur le bâteau, premières questions : << - Il dure combien de temps le trajet ? - euh... Jhon ! Cuanto demora para llegar ?... >> A leurs yeux je travaille ici, mais c'est vrai que je connais rien de rien, c'est bizarre comme position. Nous accostons, et entrons dans un domaine de 60 hectares qu'un couple de français a acheté pour y construire ce lodge : une trentaine de bungalows, un restaurant, une piscine, et une vingtaine d'employés, guides, cuisinières, jardiniers, charpentiers, peintres... Toutes les constructions sont en bois, les toits en feuilles de palmiers, les aménagements extérieurs super soignés... c'est magnifique, c'est calme, reposant. Je partage ma chambre avec Johan, dans une construction tout en bois, dans le "village" du personnel... Et oui l'accès en pirogue de 1h15 aller retour, alors nombreux sont ceux qui restent à dormir, surtout qu'on est nourri logé sans retenue. Je fais donc parti de l'équipe comme volontaire, statut tenu par quelques européens qui sont déjà passés par là. ![]() Le "village" des employés Un conscience bridée par l'effet de masse et du tout organisé. Durant deux jours, je découvrirai la Selva au même rythme que les touristes, en tentant de traduire dans une langue que je n'avais pas pratiquée depuis 1 mois et demi. On verra je ne sais combien de plantes médicinales, d'oiseaux en tous genres, de singes, de caïmans, de loutres... On aura même le droit à un petit bain dans le lac Sandoval, au milieu de la réserve Tambopata, qui concentre 1200 variétés de papillons différents, Puerto Maldonado est considérée comme la capitale de la biodiversité ! Enfin un coucher de Soleil sur le fleuve Madre de Dios accompagnera le retour jusqu'au lodge. Je suis au beau milieu de la jungle, c'est beau mais ça en reste là je ne ressens pas d'émotion particulière, ni d'émerveillement... Lors d'un petit concert de culture indigène pour les touristes, deux guignols du groupe vêtus de feuilles et le corps peint danseront avec le groupe, faisant rire les français, je souris aussi. Malheureusement les conneries des deux branquignoles empêchent complètement d'admirer la présentation et de s'imprégner un minimum de la culture. On est pas dans une optique de découverte mais bien de divertissement, laissant sur le tapis la richesse locale. Alors au cours d'une musique instrumentale, je ferme les yeux et me concentre sur les rythmes de la percussion et de la flûte de pan. Je commence à voyager, à me remémorer la journée, à prendre peu à peu conscience de l'endroit où je viens d'atterrir, de la beauté exaltante de cette forêt, de la chance d'être au coeur d'un parc qui concentre une des plus grande biodiversité mondiale. Durant ces deux derniers jours je n'en avais pas pris conscience, happé par le groupe, emprisonné par lui, gêné par les discussions incessantes, les remarques à la con, les petites manières... toute une ambiance bien loin d'un comportement d'écoute, et stupidement animée par une consommation exigeante :
![]() Des gens que j'ai du mal à apprécier. Des touristes restent des touristes et j'en suis allergique ! C'est injuste comme vision, tout le monde ne peut voyager comme moi j'en suis conscient, mais je hais la grande majorité des touristes ! Un groupe d'enfoirés lors d'une soirée arrosée ira profiter des putes locales, profitant que leur femme et enfants ne soient présents, et qu'ici une partie de sexe ne coûte pas grand chose ! Une fois de plus, ils ont une approche consumériste du pays sans chercher à le comprendre ni à le vivre, mais seulement préoccupés à se payer du plaisir, dédaignant les locaux comme sales, incivilisés, ou sauvages, exigeant du pain dans un micro-restaurant isolé dans la forêt où seule une famille vit dans la tradition de leur ancêtres, regardant avec dégoût un plat qui est servi dans une feuille de bananier, lançant la remarque qu'ils ne peuvent utiliser leur sèche-cheveux (il fait 30-35° en moyenne) et j'en passe... honte d'être français parfois... En en discutant avec les guides, eux aussi le sentent, mais relativisent :
Ce qu'il faut préciser c'est qu'avec ces tours ToutOrganisé offerts par des entreprises, sont envoyés des gens qui n'avaient jamais été attirés ni préparés pour ce genre de voyage, c'est offert l'occasion se saisit. Certes mais je pense que pour un voyageur un minimum citoyen, une certaine ouverture d'esprit et une grande humilité est nécessaire, ce qui est loin d'être évident pour des gens plus ou moins habitués à être servis (sans vouloir faire d'amalgame hâtif sur la petite bourgeoisie). On me raconte : << On avait le choix entre la Turquie et le Pérou... Les arabes ou le bout du monde, le choix est vite fait ! >>... no comment. Découvrir le monde aussi facilement (en quelques heures par avion), comme le dit Jérem, on est peut-être la seule génération à avoir cette chance, malheureusement le tourisme de masse est en train de détruire de grandes richesses, les réduisant à des clichés parfois agressif, ici surtout dédaigneux...
Corto Maltes : http://www.cortomaltes-amazonia.com/
Juliaca, la transitionPar Pachamerica :: 12/11/2008 à 23:19 :: c_Peru_Selva
Cette fois je suis parti en direction de Juliaca, laissant derrière moi Arequipa, Fabiola, David, Marco, Henri... Presqu'un mois, ca crée des liens, c'est pas facile de reprendre son chemin, surtout qu'après tout, je me sens bien ici et rien ne m'oblige à continuer d'avancer ; je le fais par égoisme. J'arrive à Juliaca, une ville carrefour où 75% des transactions seraient informelles. Une ville de passage au milieu de l'altiplano, il y fait froid, c'est moche, c'est incroyablement désorganisé, je mets 2 heures pour trouver une auberge, 1 h pour un restaurant, le matin est une galère interminable pour rassembler du pain, des bananes et du miel ! Je ne me sens pas très bien, pas à ma place, complètement deconnecté de la vie locale, seul, perdu... Je zappe le web sans grand intérêt, je fais quelques bracelets, je mange des menus degueulasses et chers. Un jour, je croiserai un artisant ce qui me réveillera un peu, puis je me lance sur un coup de tête dans la conception d'un sac en tissu pour transporter mes petits bracelets. La grand mère qui me vend du fil et des aiguilles ne comprend pas tout de suite pourquoi je ne le fais pas coudre par quelqu'un qui a une machine, mais elle finit par abandonner son arumentaire pour me donner quelques conseils... Je passerai alors la première nuit à commencer mon sac, puis irai rendre visite de nouveau à la grand-mère pour des tuyaux... Sur le chemin je remarque qu'il y a des comedores (des gens s'installent dans une rue avec les casseroles et servent des repas), où les péruviens s'entassent avec des bonnets et des gros pulls autour d'une soupe brulante. Je pendrai place à leur table, on m'averti que le prix est de 2soles ! Ok, à moitié prix que les restos depuis 3 jours, ca va, je risque pas grand chose ! On me servira une assiette bien remplie de riz, pois et poulet... simple mais un vrai plaisir, et c'est pas du réchauffé comme dans de nombreux restos. Puis on me sert un supplément, je me gaverai d'une deuxième assiette, accompagnée d'un jus d'ananas servi dans son mini sac plastique avec sa paille astucieusement intégrée. Un plat chaud, dans cette forte fraicheur, collé à deux péruviens, c'est plutôt chaleureux. Même s'il y a très peu d'échange, une atmosphère distincte s'empare d'un bout de la rue. Ca fait un peu resto du coeur comme ca, mais c'est bien agréable ! Le positif revient vite, je m'anime pour terminer le blog, et pars pour
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